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Chery au Canada : la marque que vous ne connaissez pas (encore)

2 mars 2026

Chery vend des véhicules dans plus de 80 pays. Le Canada est sur le point de devenir l'un d'entre eux.

La version courte

Chery est le plus grand exportateur de véhicules en Chine et l'un de ses plus anciens constructeurs automobiles privés. Fondée en 1997, Chery a passé près de trois décennies à construire des voitures, à s'étendre à l'international et à améliorer constamment sa qualité. La plupart des Canadiens n'en ont jamais entendu parler — mais les gens en Amérique du Sud, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est, en Russie et de plus en plus en Europe connaissent bien le nom.

Avec les VE chinois qui arrivent maintenant au Canada, Chery positionne ses sous-marques Omoda et Tiggo comme fer de lance. Ils ne misent pas sur la voiture la moins chère possible. Ils misent sur des VUS et des multisegments compétitifs, conçus pour rivaliser avec les marques établies sur la qualité, pas seulement sur le prix.

L'histoire de Chery : le jeu à long terme

Chery a été fondée en 1997 à Wuhu, dans la province d'Anhui, par un groupe de fonctionnaires et d'ingénieurs qui voulaient bâtir un constructeur automobile chinois indépendant à partir de zéro. Contrairement à BYD, qui venait de l'industrie des batteries, Chery a démarré comme constructeur automobile dès le premier jour.

Les premières années ont été difficiles selon les standards internationaux. Les premiers véhicules de Chery au début des années 2000 étaient basiques, peu coûteux et faisaient l'objet de critiques justifiées sur la qualité. Mais Chery a fait quelque chose que beaucoup de constructeurs automobiles chinois de l'époque n'ont pas fait : ils ont investi massivement en R&D et n'ont cessé de s'améliorer.

Jalons importants :

  • 1997 : Fondation à Wuhu, Chine
  • 2001 : Lancement du premier véhicule (Fengyun) sur le marché national
  • 2003 : Début des exportations — l'un des premiers constructeurs chinois à se lancer à l'international
  • 2007 : 1 million de véhicules produits
  • 2010 : Exportations dans plus de 60 pays
  • 2018 : Lancement des sous-marques Omoda/Jaecoo pour les marchés internationaux
  • 2023 : Devenu le plus grand exportateur de véhicules en Chine par volume
  • 2024 : Plus de 1 million de véhicules exportés, ventes dans plus de 80 pays
  • 2025 : Entrée sur les marchés européens, dont le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie

Ce volume d'exportation compte. Chery ne fait pas que tâter le terrain à l'international — ils y nagent depuis plus de 20 ans. L'entreprise possède des partenariats de fabrication et des usines d'assemblage au Brésil, en Russie, en Égypte, en Indonésie et dans d'autres marchés.

La question de la qualité

Abordons-la directement : « Est-ce que les véhicules Chery sont bons ? »

Il y a dix ans, la réponse honnête aurait été mitigée. Il y a cinq ans, en amélioration rapide. Aujourd'hui, les véhicules les plus récents de Chery — en particulier les gammes Omoda et Tiggo — sont compétitifs avec les marques grand public en termes de qualité de construction, de sécurité et de technologie.

Les preuves :

  • Euro NCAP : L'Omoda 5 a obtenu 5 étoiles aux tests de collision Euro NCAP. C'est la même note qu'un Volvo XC40 ou un Toyota RAV4.
  • J.D. Power Chine : Chery se classe parmi les meilleures marques chinoises pour la qualité initiale depuis plusieurs années consécutives.
  • Réclamations de garantie à l'international : Des marchés comme l'Australie et le Royaume-Uni ont rapporté des taux de réclamation de garantie comparables à ceux des marques établies.
  • Technologie de plateforme : Les véhicules plus récents de Chery utilisent des plateformes modernes développées avec la contribution d'anciens ingénieurs de Jaguar Land Rover et de BMW.

Cela ne veut pas dire que Chery égale Toyota en données de fiabilité à long terme — ces données n'existent tout simplement pas encore pour le marché canadien. Mais l'écart entre les constructeurs chinois et les marques établies s'est considérablement réduit, et les produits actuels de Chery en sont le reflet.

Modèles attendus au Canada

Omoda E5

Le produit Chery le plus susceptible d'arriver en premier au Canada. L'Omoda E5 est un multisegment compact électrique qui rivalise directement avec des véhicules comme le Hyundai Kona Electric et le Kia Niro EV.

SpecDétail
TypeMultisegment compact électrique
Autonomie estimée400-430 km (WLTP)
Moteur150 kW (204 ch)
Batterie~61 kWh
Recharge rapide CCJusqu'à 120 kW
Prix canadien estimé35 000 $-40 000 $ CAD

L'Omoda E5 a été lancé au Royaume-Uni en 2025 avec de solides premières critiques. L'habitacle comprend une configuration à double écran, un volant à fond plat et des matériaux que les évaluateurs ont qualifiés d'étonnamment haut de gamme pour le prix. Il cible clairement les mêmes acheteurs qui envisagent un Hyundai Tucson ou un Toyota RAV4, mais qui veulent passer à l'électrique sans dépenser 55 000 $.

Tiggo (plusieurs modèles)

La gamme Tiggo de Chery couvre les VUS compacts à intermédiaires. Bien que les variantes électriques du Tiggo soient les plus pertinentes pour le marché canadien des VE, Chery pourrait aussi amener des modèles Tiggo hybrides rechargeables qui offrent la conduite électrique avec un moteur à essence en secours — un choix pragmatique pour les Canadiens préoccupés par l'autonomie en hiver.

ModèleTypePrix estimé (CAD)
Tiggo 7 PHEVVUS compact, hybride rechargeable38 000 $-43 000 $
Tiggo 8 ProVUS intermédiaire42 000 $-48 000 $

Jaecoo (sous-marque)

Chery exploite également Jaecoo, positionnée comme une sous-marque plus robuste, orientée vers le plein air. Le Jaecoo 7, un VUS compact au design plus anguleux, a été lancé dans plusieurs marchés. Reste à savoir si Jaecoo entrera au Canada en même temps qu'Omoda/Tiggo ou après.

Ce qui distingue Chery

Expérience à l'exportation

BYD fait plus de manchettes, mais Chery exporte des véhicules depuis bien plus longtemps. Deux décennies d'adaptation de véhicules à différents marchés, réglementations, conditions de conduite et attentes des clients donnent à Chery un savoir-faire institutionnel que les exportateurs plus récents n'ont pas. Ils comprennent ce qu'exigent l'homologation, les réseaux de service locaux et l'ingénierie spécifique aux marchés.

Accent sur les VUS et multisegments

Alors que BYD mise sur les berlines et les compactes, la force de Chery réside dans les segments VUS et multisegments — qui se trouvent être exactement ce que les acheteurs canadiens préfèrent. Plus de 80 % des ventes de véhicules neufs au Canada sont des camionnettes, des VUS ou des multisegments. La gamme de Chery correspond à ce que les Canadiens achètent réellement.

Prix compétitifs sans positionnement au rabais

Chery n'essaie pas d'être l'option la moins chère sur le terrain. Leur stratégie de prix mondiale positionne les modèles Omoda et Tiggo en dessous des concurrents japonais et coréens équivalents, mais pas de façon spectaculaire. Le discours est « qualité comparable, meilleur rapport qualité-prix » plutôt que « moitié prix, assez bon ».

C'est important pour la valeur de revente et la perception de la marque. Un véhicule dont le prix est 10-15 % inférieur à celui d'un Hyundai Tucson raconte une histoire différente de celui dont le prix est 50 % inférieur.

Entrée sur le marché canadien

Ce que l'on sait

Chery a publiquement déclaré son intention d'entrer sur le marché nord-américain. En date de février 2026, les dates de lancement spécifiques au Canada, les prix et les plans de distribution n'ont pas été confirmés. Cependant :

  • Les véhicules Chery répondent aux normes Euro NCAP et aux normes de sécurité internationales qui s'alignent étroitement sur les exigences de Transports Canada
  • L'entreprise a établi des opérations pour la conduite à droite au Royaume-Uni et en Australie, démontrant sa capacité d'adaptation aux marchés spécifiques
  • L'infrastructure logistique mondiale existante de Chery (exportations vers plus de 80 pays) suggère la capacité opérationnelle de soutenir un lancement au Canada

Concessionnaires et service

Chery a utilisé des modèles de concessionnaires franchisés dans la plupart des marchés internationaux plutôt que la vente directe aux consommateurs. Au Canada, cela signifie probablement des partenariats avec des groupes de concessionnaires existants ou l'établissement de nouveaux emplacements franchisés.

Pour les acheteurs canadiens, les questions clés sont :

  • Où le service sera-t-il disponible ? La couverture initiale se concentrera probablement sur les grands centres urbains — Toronto, Vancouver, Montréal, Calgary
  • Disponibilité des pièces : L'expérience de Chery dans des marchés comme l'Australie (distribution de population similaire au Canada) fournit un modèle, mais la chaîne d'approvisionnement en pièces dans les premiers mois pourrait être une préoccupation
  • Conditions de garantie : Chery a offert des garanties compétitives à l'international (généralement 7 ans/150 000 km) — attendez-vous à des conditions similaires pour le Canada

Admissibilité aux incitatifs provinciaux

Si les VE de Chery sont admissibles aux incitatifs provinciaux, la proposition de valeur devient encore plus intéressante. Un Omoda E5 à 35 000 $ moins 7 000 $ au Québec ou 4 000 $ en C.-B. le place fermement en territoire d'achat impulsif pour les acheteurs de multisegments électriques.

Évaluation honnête : forces et risques

Forces

  • Des décennies d'expérience en exportation dans plus de 80 pays
  • Des plateformes modernes avec des cotes de sécurité compétitives (5 étoiles Euro NCAP)
  • Une gamme VUS/multisegments qui correspond aux préférences d'achat canadiennes
  • Des prix compétitifs sans positionnement extrême au rabais
  • Un investissement soutenu en R&D et en amélioration de la qualité

Risques

  • Zéro notoriété de marque au Canada — un défi marketing de taille
  • Aucune donnée de fiabilité canadienne ni communauté de propriétaires
  • Le stigmate de la « voiture chinoise » existe encore chez certains acheteurs
  • Le réseau de service prendra du temps à se développer
  • La valeur de revente est une inconnue totale

Le plus grand défi : personne ne sait qui ils sont

BYD a une notoriété mondiale — les gens ont au moins entendu le nom. Chery n'a pas ça au Canada. L'entreprise devra investir massivement dans la reconnaissance de marque, et les premiers acheteurs canadiens seront de véritables pionniers.

Cela dit, Hyundai a fait face au même problème quand ils sont arrivés au Canada dans les années 1980. Kia aussi, à la fin des années 1990. Les deux sont maintenant des marques grand public. L'entrée sur un marché, c'est difficile, mais ça a déjà été fait.

Le verdict

Chery est un constructeur automobile sérieux avec un bilan international sérieux. L'époque où l'on pouvait balayer les véhicules chinois du revers de la main comme des copies bon marché est révolue — les produits actuels de Chery obtiennent des cotes de sécurité de 5 étoiles et rivalisent en qualité sur les marchés européens exigeants.

Pour les acheteurs canadiens, Chery représente quelque chose de précis : des VUS et multisegments électriques bien équipés, à des prix qui sous-cotent les concurrents coréens et japonais de 10 à 20 %. Si le réseau de concessionnaires et l'infrastructure de service se concrétisent, Chery pourrait devenir une alternative sérieuse dans les segments que les Canadiens préfèrent déjà.

L'écart de notoriété de marque est réel, et les premiers acheteurs prendront un risque calculé sur la valeur de revente et le soutien après-vente à long terme. Mais le produit, selon les données des marchés internationaux, est solide. Chery a gagné le droit d'être prise au sérieux.

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