AutoChine

Remorquer avec un VÉ chinois : capacités, perte d'autonomie et ce qui fonctionne vraiment

Remorquer avec un VÉ chinois : capacités, perte d'autonomie et ce qui fonctionne vraiment

Tu viens de t'acheter un beau VÉ chinois tout neuf. C'est silencieux, c'est économique, c'est moins cher que pas mal tout ce qu'il y a sur le lot. Pis là, tu te retrouves dans ton entrée à te demander : est-ce que je peux tirer ma remorque de chalet avec ça? Je vais te donner la réponse honnête, et pour certains d'entre vous, c'est pas celle que vous espériez.

Mettons les cartes sur table

C'est la question qu'on me pose le plus souvent. Les Canadiens adorent remorquer. On tire des bateaux jusqu'au lac, des remorques au chalet, des campeurs dans les parcs provinciaux, pis des trailers utilitaires au dépotoir le samedi matin. Remorquer, c'est pas un usage de niche au Québec ni au Canada, c'est un mode de vie.

Fait que voici la vérité qui fait mal. La plupart des VÉ chinois qui arrivent au Canada en ce moment ne sont pas faits pour le remorquage sérieux. Ce sont des compactes, des hatchbacks et des petits VUS pensés pour la conduite urbaine et de banlieue. Si tu cherches quelque chose pour tirer un travel trailer de 25 pieds jusqu'au parc de la Mauricie, un BYD Dolphin, c'est pas ton véhicule. C'est pas un défaut de la voiture, c'est juste de la physique et des choix d'ingénierie.

Mais « pas fort pour le remorquage sérieux » ne veut pas dire « complètement inutile pour tirer quoi que ce soit ». Y'a tout un spectre entre traîner une fifth-wheel de 3 000 kg et installer un support à vélos sur l'attelage. Et certains VÉ chinois s'en tirent très bien pour les charges légères.

Laisse-moi tout décortiquer.

Capacités de remorquage : où en sont les VÉ chinois

D'abord, les chiffres. Voici ce que les VÉ chinois actuels et à venir peuvent tirer, comparé aux joueurs établis du remorquage électrique :

VÉ chinois

ModèleCapacité de remorquageBatterieAutonomie annoncéeNotes
Zeekr 001~1 500 kg (freiné)100 kWh590 km (WLTP)Meilleure option de remorquage parmi les VÉ chinois au Canada
BYD Atto 3~750 kg (freiné)60,48 kWh420 km (WLTP)Charges légères seulement (petite remorque, support à vélos)
BYD Sealion 7~750–1 000 kg (est.)82,5 kWh502 km (WLTP)VUS plus gros, mieux adapté que les petits BYD
Chery Omoda E5~750 kg (freiné)61 kWh430 km (WLTP)Même catégorie que l'Atto 3
BYD SealNon coté pour le remorquage82,5 kWh570 km (WLTP)Berline, pas d'option d'attelage d'usine
BYD DolphinNon coté pour le remorquage60,4 kWh427 km (WLTP)Hatchback, pas conçu pour ça
BYD SeagullNon coté pour le remorquage30,08 kWh305 km (WLTP)Voiture de ville, oublie ça
MG4Non coté pour le remorquage64 kWh450 km (WLTP)Hatchback, même histoire que le Dolphin
ORA 03Non coté pour le remorquage63,1 kWh420 km (WLTP)Voiture de style, le remorquage n'est pas le but

Pour comparaison : les VÉ de remorquage établis

ModèleCapacité de remorquageBatterieAutonomie annoncée
Tesla Model X~2 250 kg100 kWh576 km (EPA)
Tesla Model Y~1 600 kg75 kWh531 km (EPA)
Rivian R1S~3 500 kg135 kWh505 km (EPA)
Ford F-150 Lightning~4 500 kg131 kWh515 km (EPA)
Hyundai Ioniq 5~1 600 kg77,4 kWh488 km (WLTP)

L'écart saute aux yeux. Le meilleur VÉ chinois pour le remorquage (le Zeekr 001 à 1 500 kg) se compare au Model Y. C'est respectable. Mais rien dans la gamme actuelle de VÉ chinois s'approche d'un Rivian ou d'un Lightning pour le genre de remorquage sérieux que bien des propriétaires de pickup canadiens prennent pour acquis.

J'essaie pas de décourager personne. J'essaie de t'éviter d'atteler une remorque de bateau chargée à un Dolphin pis d'avoir une très mauvaise journée sur l'autoroute.

La physique : pourquoi les VÉ perdent autant d'autonomie quand on remorque

Avant d'entrer dans les scénarios concrets, faut que tu comprennes pourquoi le remorquage frappe l'autonomie des VÉ aussi fort. C'est pas un problème de VÉ chinois, c'est un problème de VÉ, point. Tesla, Rivian, tout le monde. La perte d'autonomie au remorquage, c'est le secret honteux de toute l'industrie du VÉ.

Voici ce qui se passe :

Le poids

Ta batterie est dimensionnée pour le poids du véhicule. Ajoute une remorque de 750 kg et tu viens d'augmenter la masse totale que le moteur doit pousser de 30 à 50 %, selon le véhicule. Plus de masse veut dire plus d'énergie par kilomètre. De la physique de base.

La résistance aérodynamique

C'est le gros morceau, et c'est pire que ce que la plupart des gens pensent. À vitesse d'autoroute, la traînée aérodynamique est la force dominante contre laquelle ton moteur se bat. Une remorque fermée derrière ton auto, c'est essentiellement un parachute géant. Le coefficient de traînée d'un VÉ qui tire une remorque carrée peut être 2 à 3 fois plus élevé que la voiture seule. Et la force de traînée augmente avec le carré de la vitesse, fait que rouler à 110 km/h au lieu de 90 km/h ne coûte pas 22 % de plus en énergie, mais environ 50 % de plus.

C'est pour ça que les conseils de remorquage disent « ralentis ». C'est pas une suggestion, c'est la chose la plus efficace que tu peux faire.

Pas de rapports de transmission pour aider

Les véhicules à combustion ont des transmissions à plusieurs vitesses qui gardent le moteur dans une plage de régime efficace peu importe la charge. La plupart des VÉ ont un seul rapport de réduction. C'est parfait pour la conduite normale (les moteurs électriques produisent du couple sur toute la plage de régime), mais ça veut dire que le moteur peut pas rétrograder vers un point d'opération plus efficace sous charge soutenue à vitesse d'autoroute. Il tire juste plus de courant, ce qui veut dire plus de chaleur et plus de batterie qui fond.

Le freinage régénératif aide moins

Le freinage régénératif, c'est un des super-pouvoirs d'efficacité du VÉ en conduite normale. Le trafic, le stop-and-go, les côtes : le moteur récupère de l'énergie chaque fois que tu ralentis. Mais le remorquage, c'est surtout de l'autoroute soutenue avec un minimum de freinage. Ton système de régénération se tourne les pouces pendant que le moteur travaille en overtime. L'avantage d'efficacité qui rend les VÉ si bons en ville disparaît pas mal sur l'autoroute avec une remorque.

Le verdict sur la physique

Tout ça additionné, ça donne une pénalité d'autonomie de 40 à 60 % au remorquage, selon le poids de la remorque, sa forme, la vitesse et le terrain. C'est pas un chiffre de VÉ chinois, c'est un chiffre de VÉ tout court. Un Rivian R1S avec 500 km d'autonomie devient un véhicule de 200 à 300 km quand il remorque. Un Zeekr 001 avec 500 km d'autonomie réelle aussi. Les maths sont impitoyables pour tout le monde.

Scénarios concrets : qu'est-ce que tu peux vraiment remorquer?

Bon, assez de théorie. Parlons de ce que les Canadiens veulent vraiment faire avec un attelage.

Scénario 1 : Support à vélos ou porte-bagages (moins de 50 kg)

Verdict : aucun problème.

Un support à vélos ou un porte-bagages sur attelage ajoute un poids minimal et une pénalité aérodynamique négligeable (surtout un support de type plateforme). L'impact sur l'autonomie est minime, peut-être 5 à 10 %. N'importe quel VÉ chinois avec un récepteur d'attelage peut gérer ça, pis tu devrais même pas y penser deux fois.

Même le BYD Atto 3 ou le Chery Omoda E5 avec une capacité de 750 kg et un attelage aftermarket vont être parfaitement corrects. C'est le genre de « remorquage » que la plupart des propriétaires de VÉ vont vraiment faire, et c'est un non-enjeu.

Scénario 2 : Petite remorque utilitaire (300 à 500 kg chargée)

Verdict : faisable avec les modèles cotés.

Une petite remorque utilitaire chargée de bois du Home Depot, une tondeuse pour le chalet, ou des boîtes de déménagement : on parle d'environ 300 à 500 kg brut. L'Atto 3 et l'Omoda E5 (les deux cotés autour de 750 kg) sont capables de gérer ça dans leurs spécifications.

Attends-toi à environ 30 à 40 % de perte d'autonomie. Sur un véhicule coté à 420 km comme l'Atto 3, ça met ton autonomie réelle au remorquage à environ 180 à 250 km. C'est assez pour un aller-retour au dépotoir le samedi ou un court trajet, mais tu vas vouloir bien planifier pour tout ce qui dépasse une heure d'autoroute.

Le Zeekr 001, avec sa capacité de 1 500 kg et sa batterie beaucoup plus grosse, gère ce scénario confortablement. Tu vas quand même perdre de l'autonomie, mais partir de 500 km d'autonomie réelle veut dire que t'as 250 à 350 km avec lesquels travailler. C'est une vraie distance de chalet pour bien des gens dans les Laurentides ou l'Estrie.

Scénario 3 : Petit bateau ou motomarine (500 à 1 000 kg au total)

Verdict : Zeekr 001 seulement, et planifie ton itinéraire.

Un petit bateau de pêche sur remorque ou une motomarine pèse typiquement 500 à 1 000 kg au total. C'est au-dessus de la limite de l'Atto 3 et de l'Omoda E5, mais le Zeekr 001 à 1 500 kg peut le prendre.

C'est ici que ça devient sérieux par exemple. Attends-toi à 40 à 50 % de perte d'autonomie avec une remorque de bateau, parce que c'est pas aérodynamique et le poids combiné est costaud. Ton Zeekr 001 de 500 km devient un véhicule de 250 à 300 km. Si la rampe de mise à l'eau est à 150 km, tu peux faire l'aller-retour avec une bonne marge. Si c'est à 250 km, tu recharges en chemin.

Personnellement, je ferais ça sans hésiter pour un week-end au lac dans un rayon de quelques heures de route. Est-ce que je tirerais un bateau de Montréal au lac Memphrémagog dans un Zeekr 001? Oui, absolument : c'est environ 130 km, et même avec 40 % de perte d'autonomie, les maths fonctionnent. Montréal au lac Taureau? Ça passe. Montréal au Saguenay? Tu arrêtes recharger quelque part.

Scénario 4 : Remorque de chalet / petit campeur (1 000 à 1 500 kg)

Verdict : à la limite absolue de ce qui est possible, Zeekr 001 seulement.

Un petit campeur style teardrop ou une tente-roulotte dans les 1 000 à 1 500 kg rentre techniquement dans la capacité du Zeekr 001. Mais je vais être honnête, tu pousses le véhicule à sa limite, et la pénalité d'autonomie va être brutale.

À 1 500 kg de remorque, attends-toi à 50 à 60 % de perte d'autonomie. Tes 500 km d'autonomie réelle deviennent 200 à 250 km. Tu arrêtes recharger en DCFC aux 150 à 200 km, et chaque arrêt de recharge avec une remorque, c'est un défi logistique, car pas toutes les bornes de recharge peuvent accommoder un véhicule avec une remorque attachée.

Est-ce que tu peux le faire? Techniquement oui. Est-ce que je te le recommande sur une base régulière? Honnêtement, non. Si tu remorques un campeur un week-end sur deux tout l'été, le Zeekr 001 va le faire, mais tu vas passer beaucoup de temps à planifier des itinéraires, à trouver des bornes avec un espace de passage pour les remorques, et à gérer l'anxiété d'autonomie. Bref, un véhicule à essence ou un pickup électrique dédié serait pas mal moins stressant.

Scénario 5 : Grande roulotte de voyage (2 000+ kg)

Verdict : pas avec un VÉ chinois actuellement offert au Canada.

Aucun VÉ chinois sur le marché canadien ou proche de l'être aujourd'hui ne peut tirer de façon sécuritaire une grande roulotte de voyage. La limite de 1 500 kg du Zeekr 001 l'exclut, et rien d'autre s'en approche. Si c'est ton besoin, il te faut un Rivian R1S, un Ford F-150 Lightning, un Tesla Model X, ou (soyons réalistes) un pickup à essence.

Ça va changer. Des VUS chinois plus gros comme le BYD Tang (qui a une capacité de remorquage de 2 000 kg sur d'autres marchés) ou de futurs modèles Zeekr pourraient percer ce marché, mais en 2026, c'est un vide dans l'offre.

Considérations spécifiques au Canada

Remorquer au Canada vient avec ses propres défis qui rendent la pénalité d'autonomie des VÉ encore plus significative.

Les distances vers le chalet

Le classique trajet vers le chalet (Montréal aux Laurentides, Québec à Charlevoix, Ottawa à la Gatineau, Toronto à Muskoka) tombe typiquement dans les 100 à 300 km. Pour du remorquage léger (support à vélos, petite remorque utilitaire), la plupart des VÉ chinois cotés peuvent gérer ça sur une seule charge. Pour des charges plus lourdes, tu regardes un arrêt de recharge, ce qui est gérable si tu planifies d'avance.

Le pays des chalets au Québec (Laurentides, Estrie, Charlevoix) a tendance à être plus proche des centres urbains que le cottage country ontarien, ce qui joue en faveur des maths de remorquage en VÉ. Un trajet de remorquage de 100 km, c'est très faisable dans n'importe quel véhicule coté.

La logistique des rampes de mise à l'eau

Voici quelque chose dont personne parle. Reculer une remorque de bateau dans une rampe de mise à l'eau en gérant les réglages de creep et le freinage régénératif d'un VÉ, ça demande de la pratique. Le couple à basse vitesse d'un VÉ est en fait fantastique pour remonter un bateau sur une rampe abrupte, mieux que la plupart des véhicules à essence, honnêtement. Mais la précision requise pour reculer sur une rampe mouillée, c'est différent dans un VÉ. Pratique dans un stationnement vide avant.

Aussi, beaucoup de rampes de mise à l'eau et de bornes de recharge en région ne sont pas pensées pour les véhicules qui tirent une remorque. Les bornes avec passage direct sont rares. Tu pourrais devoir dételer ta remorque pour recharger, ce qui ajoute du temps et du trouble. Vérifie PlugShare pour les commentaires d'utilisateurs qui mentionnent l'accessibilité aux remorques.

Remorquer l'hiver : juste non

Faut que je dise ça clairement : ne planifie pas de remorquer avec un VÉ chinois dans les conditions hivernales canadiennes. La combinaison de la perte d'autonomie au froid (30 à 40 % à elle seule, comme on l'a couvert dans notre Winter Range Guide), plus la perte au remorquage (40 à 60 %), veut dire que tu pourrais te retrouver avec une autonomie effective de 30 à 40 % de ton chiffre annoncé.

Un Zeekr 001 avec 590 km d'autonomie annoncée, à -20 °C, qui tire une remorque de 1 000 kg? Tu pourrais avoir 150 à 200 km. C'est pas assez pour la plupart des trajets de remorquage pratiques, et ça laisse zéro marge de sécurité pour les détours, le trafic ou une borne en panne.

Remorquer en VÉ l'été, c'est une aventure. Remorquer en VÉ l'hiver? C'est un risque que je pense pas qui vaut la peine en ce moment.

Conseils pour remorquer avec un VÉ

Si t'as lu jusqu'ici et que t'es encore game, parfait. Voici comment faire marcher le remorquage en VÉ.

1. Ralentis

Je peux pas assez insister là-dessus. Baisser de 110 km/h à 90 km/h en remorquant peut améliorer ton autonomie de 15 à 25 %. La traînée aérodynamique est ton pire ennemi, et la vitesse est son meilleur ami. Oui, tu vas te faire dépasser par les camions. Oui, ça va prendre plus de temps. Mais tu vas arriver sans avoir besoin d'une remorqueuse.

2. Planifie ton itinéraire religieusement

Utilise A Better Route Planner (ABRP) et mets-le en « mode remorquage » avec le poids de ta remorque. Il va ajuster les estimations de consommation et planifier les arrêts de recharge en conséquence. N'improvise pas. Jamais.

3. Recharge plus souvent, mais moins longtemps

Au lieu de recharger de 10 % à 90 %, considère recharger de 20 % à 70 % à chaque arrêt. Tu vas passer moins de temps à chaque borne (la vitesse de recharge baisse significativement au-dessus de 80 %) et maintenir un tampon de sécurité plus confortable. Bref, des arrêts courts plus fréquents battent des arrêts longs moins fréquents quand on remorque.

4. Vérifie l'accessibilité des bornes pour les remorques

Avant de partir, vérifie chaque arrêt de recharge planifié sur PlugShare pour la compatibilité avec les remorques. Cherche des espaces de passage direct ou des endroits faciles pour dételer. Y'a rien de pire qu'arriver à une borne et réaliser que ton attelage rentre pas dans la baie de recharge. Certaines stations Petro-Canada le long de la Transcanadienne sont meilleures pour ça, car elles sont dans des stations-service avec plus d'espace pour manœuvrer.

5. Réduis la traînée de la remorque

Si tu tires une remorque fermée ou un campeur, ferme toutes les fenêtres et les évents. Si ta remorque a une option de nez aérodynamique, prends-la. Pour les remorques utilitaires ouvertes, un filet est mieux qu'une bâche solide (ça réduit l'effet de voile). Garder la charge basse réduit aussi la surface frontale qui attrape le vent.

6. Préconditionne la batterie

Avant un long trajet de remorquage, préconditionne ta batterie à la plage de température optimale pendant qu'elle est encore branchée. Une batterie chaude accepte la recharge plus vite et livre l'énergie plus efficacement. C'est surtout important au printemps et à l'automne quand les températures flottent dans la zone moins efficace.

7. Aie un plan B

Sache toujours où se trouve la prochaine borne après ton arrêt planifié, au cas où ta borne principale serait en panne. Et traîne un chargeur portatif de niveau 2. Dans les campings avec branchements pour VR ou les chalets avec des prises de sécheuse, tu peux récupérer 30 à 40 km d'autonomie par heure pendant la nuit. C'est lent, mais ça transforme un scénario « pris au milieu de nulle part » en simple « retardé ».

Quels VÉ chinois sont vraiment utilisables pour remorquer?

Simplifions ça.

Le Zeekr 001 : ta meilleure option

Le Zeekr 001 est le seul VÉ chinois que je recommanderais actuellement pour du remorquage régulier au Canada. Avec une capacité de 1 500 kg freinée, une batterie de 100 kWh et une recharge rapide DCFC de 200 kW, il a les specs pour gérer les tâches de remorquage léger à moyen. C'est pas un pickup. C'est pas un Rivian. Mais pour un petit bateau, une remorque utilitaire ou un campeur léger pour les week-ends au chalet l'été, le 001 est réellement utilisable.

Le style shooting brake est en fait un avantage ici : la longue ligne de toit et la forme fastback sont plus aérodynamiques qu'un VUS carré, ce qui aide à atténuer une partie de la pénalité de traînée causée par une remorque. Et la batterie de 100 kWh te donne assez de tampon d'autonomie pour qu'une pénalité de 40 à 50 % au remorquage te laisse encore un 250 à 300 km utilisable.

Si le remorquage est même une considération secondaire dans ton achat, le Zeekr 001 est le VÉ chinois à acheter.

Le BYD Atto 3 et le Chery Omoda E5 : charges légères seulement

Le BYD Atto 3 et le Chery Omoda E5, tous les deux cotés autour de 750 kg, peuvent gérer un support à vélos sur attelage, une petite remorque utilitaire ou une remorque fermée très légère. Mais avec leurs batteries d'environ 60 kWh, les maths d'autonomie deviennent serrées vite. Ce sont des véhicules « tire une petite remorque au dépotoir et revient », pas des véhicules « tire quoi que ce soit sur l'autoroute pendant deux heures ».

Je m'en servirais pour un petit transport occasionnel. J'en achèterais pas un parce que j'ai besoin de remorquer.

Tous les autres : pas pour le remorquage

Le BYD Seal, le BYD Dolphin, le BYD Seagull, le MG4 et le ORA 03 ne sont pas cotés pour le remorquage et ne devraient pas être utilisés pour ça. Certains propriétaires en Europe et en Australie ont installé des attelages aftermarket sur des Dolphin et des MG4 pour des supports à vélos, ce qui est correct à basse vitesse et avec des charges légères, mais ces voitures ne sont pas conçues pour tirer des remorques et je le recommande pas.

La recommandation honnête

Si t'es arrivé à cet article en espérant que je te dise que les VÉ chinois sont super pour le remorquage, je m'excuse. En 2026, si le remorquage sérieux est une priorité pour toi, les VÉ chinois sont pas encore la réponse. Les modèles qui arrivent au Canada sont des véhicules petits à moyens optimisés pour l'efficacité, le trajet quotidien en ville et le bon rapport qualité-prix. C'est leur force, et c'est une force réelle.

Pour le travail léger (supports à vélos, petites remorques utilitaires, le trajet de chalet occasionnel avec une charge légère), le Zeekr 001 est légitimement utilisable, et le BYD Atto 3 et le Chery Omoda E5 gèrent les charges très légères. Ça couvre plus de scénarios de remorquage réels que tu pourrais penser. Pas tout le monde qui a un attelage tire une fifth-wheel.

Mais si tu remorques régulièrement un bateau, un campeur ou une grosse remorque utilitaire, et que c'est non négociable dans ton mode de vie canadien, la réponse honnête en ce moment, c'est de regarder du côté d'un Rivian R1S, d'un Ford F-150 Lightning, d'un Tesla Model X, ou (soyons francs) d'un pickup à essence ou hybride. Les VÉ chinois vont y arriver, probablement plus vite que la plupart des gens pensent, mais la gamme 2026 vise un autre segment du marché.

Ce qui s'en vient : les VÉ chinois capables de remorquer de demain

La bonne nouvelle, c'est que cet article a une date d'expiration. De plus gros VÉ chinois avec une vraie capacité de remorquage sont dans le pipeline.

J'estime qu'on est à 2 ou 3 ans d'avoir un VÉ chinois au Canada qui peut véritablement remplacer un VUS ou un pickup à essence pour le remorquage. Quand il arrivera, la combinaison de faibles coûts d'utilisation, de couple instantané pour les rampes de mise à l'eau et de fonctionnement silencieux au camping va le rendre extrêmement attrayant. On n'est juste pas rendus là aujourd'hui.

Le mot de la fin

Est-ce qu'on peut remorquer avec un VÉ chinois? Oui, avec le bon véhicule, la bonne charge et les bonnes attentes.

Est-ce que tu peux remplacer ton Silverado par un BYD pour le remorquage du week-end? Pas encore.

La clé, c'est de matcher l'outil à la job. Pour la plupart des Canadiens qui remorquent occasionnellement des charges légères (une remorque utilitaire, un support à vélos, un petit bateau pour un court trajet), le Zeekr 001 s'en tire bien, et l'Atto 3 gère le très léger. Pour tout ce qui est plus lourd, la gamme actuelle de VÉ chinois est honnête sur ses limites, et moi aussi.

Si t'es en train de magasiner un VÉ chinois et que le remorquage est une de tes considérations, le Zeekr 001 est ton choix. Si le remorquage est ta considération principale, attends quelques années. Y'a de quoi qui s'en vient.

Et quoi que tu fasses, essaie pas de remorquer en janvier. Ta batterie va te remercier.

Sources et lectures complémentaires

Continue ta lecture